Mon parcours

Une illustre inconnue ! Il faut avoir un peu d’humour et d’humilité !!!

Tout en haut de ce blog je me définis en deux lignes : fondatrice des bus du partage, femme de foi libre.

Vous dire mon cheminement intérieur d’abord pour savoir à qui vous avez à faire, cela me semble important quand il s’agit de sincérité et de partage.

Vous dire mon parcours, pour vous donner (peut-être), la force d’agir sur le vôtre.

Vous dire mon parcours pour vous aider à prendre conscience que nos épreuves sont notre plus grande chance quand on se met en quête de pardon pour tous ceux qui nous ont blessés

Je nais à Nîmes en octobre 1957. Je nais en plein baby boom. Mes parents sont issus, tous deux, de familles très pauvres, meurtris par les années de guerre. Mais une lueur d’espoir a dû naitre dans leur cœur : ils vont réussir leur métier, ce qui va leur permettre de faire construire une petite maison dans la garrigue nîmoise. Le partage est de mise : ils sont une trentaine de jeunes couples à faire construire leur maison dans ce quartier, ils mettent en commun leurs compétences pour réaliser leur projet et ça marche ! Quelle fierté de mes parents d’avoir construit cette maison, eux qui ont manqué de tout durant les années précédentes.

Pas de clôtures entre les maisons, les enfants s’en donnent à cœur joie ! On joue partout, dans chaque maison, chaque jardin. Les parents sont accueillants : un goûter par ici, un goûter par là. Ma vie est faite de soleil, de ciel bleu, de jeux et de partages. On traverse la garrigue tous ensemble pour aller à l’école, on joue en chemin ……..Sentiment de grande liberté !

J’ai 6 ans. Maman entre dans une secte. Après la liberté, l’enfermement ! Finis les jeux dans la garrigue avec les copains, je dois faire du porte à porte pour sauver le monde, assister à trois réunions par semaine, où je ne comprends pas grand chose, si ce n’est que je ne dois pas bouger. Sous couvert de spiritualité ma vie s’enferme dans les interdits.

A l’âge de 19 ans, je me fais exclure de la secte (je vous passe les détails) et décide qu’il n’y aura plus jamais Dieu dans ma vie.

Retrouver la liberté n’est pas simple, tant je n’ai aucun point de repère. Tant de choses étaient interdites dans la secte : fêter les anniversaires, Noël, mettre des jeans, écouter les Beatles, avoir un sac adidas, embrasser les garçons, faire des études, etc…..

Heureusement, mon papa a tout fait pour que j’ai le BAC. Ce qui va me permettre de devenir institutrice. Je réussis : j’ai un bon travail, deux petites filles adorables, un mari, une jolie maison. Passée la joie d’être maman, d’avoir un bon travail, une jolie maison, je perds le goût de la vie. Je suis devant l’évidence qu’avoir tout matériellement, ne suffit pas.

L’épreuve qu’a été la secte remonte, le suicide de mon papa aussi : je ne sais pas vivre. Je m’engage dans un travail de connaissance de moi et dans une démarche de pardon pour ceux qui m’ont blessés psychiquement. Je vais alors, découvrir que la spiritualité peut ouvrir les portes de la liberté intérieure – moi qui pensais jusque là qu’elle ne pouvait être qu’enfermante – Je découvre aussi que mon histoire personnelle douloureuse m’a préparé à à accomplir un service aux autres qui m’est unique. En 2003 l’évidence s’impose, je m’engage dans un service en direction des plus pauvres de la terre. Un service particulier : ni en sauveur du monde, ni en donneur de leçon (contrairement à la secte de mon enfance) un service où on s’accueille d’abord soi dans sa fragilité intérieure jusqu’à accueillir le plus pauvre dans la sienne.

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